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5/15/2012

FRANCOIS BEAL nous dit pourquoi LE KANGOUROU EST INEXPLICABLE


Le 10 mai 2012, huit ans après ses débuts à la Baie des Singes, François Béal récidive et fait à nouveau parler Vialatte. Dans l'amphithéâtre comble du CRDP d'Auvergne, à l'invitation de l'Alliance française de Clermont-Ferrand, il a présenté dix nouvelles chroniques intitulées: Le kangourou est inexplicable.

Après Vie et mœurs de l'Etrange Echassier, et Histoires de choses humaines, il s'agit de dix Chroniques dites dans le décor qui fut créé par Jacques Poinson, décor minimaliste bien connus des amis de François qui présente ainsi son nouveau spectacle :
« Vialatte parle de son statut d'écrivain et rend hommage à des amis disparus. Toutes les chroniques sont très belles,  et en particulier : Chroniques des lions, Chroniques des choses les plus diverses (connue avec le homard et les Alpins maritimes). Une chronique qui m'a étonné : Le Roman théâtral. La chanson de Fred.  Le Kangourou bien sûr, hommage à Philippe Lhéritier, Le Phoque de Brancusi. Disparitions, avec les deux ânons de Rucki. Petits signes à Marcel Aimé, Maurois, Paulhan, Mac Orlan, Paul et Henri Pourrat.
Adieux à Tante Lucie (Histoires de femmes). »

François Béal, comme si de rien n'était, arpente la scène, s'assoit sur une des deux chaises disposées là, devant la barrière et le réverbère dressés au fond, se lève à nouveau comme saisi d'une incessante bougeotte, délaissant la valise et le riflard du Cantal qu'il a abandonnés, dès le début, côté jardin.

On croit voir, au-dessus de la scène, au-delà des cintres, comme dans un rêve, Alexandre Vialatte satisfait de son porte-parole, applaudir en entrechoquant ses ailes, tandis qu'assis dans un fauteuil solidement campé sur un nuage, le bon Dieu rit de bon cœur dans sa barbe. Dans la salle, en bas, on sent le public remué. Il s'émeut, se détend, se retend, ose à peine rire de peur de rompre l'équilibre subtil qui s'est créé entre l'acteur à la mémoire infaillible et lui.



Que serait l'homme, sans le kangourou ?

Allez lire l'article sur cette belle soirée en cliquant sur ce lien :



4/05/2012

JEAN-PAUL DUBOIS RECOIT LE PRIX ALEXANDRE VIALATTE

Le Prix Alexandre Vialatte 2012 est attribué à Jean-Paul Dubois pour son dernier roman Le cas Sneijder (Editions de l'Olivier).

Accident d'ascenseur : le héros tombe avec sa fille Marie et 3 passagers. Tous morts sauf lui. Il part avec sa seconde femme vivre au Canada ; leurs deux jumeaux ont toujours ignoré Marie. Lui les déteste autant qu’il déteste sa femme, business woman. Pour vivre, il répond à une annonce de promeneur de chiens. C’est une nouvelle vie, jusqu'à «enfermement par sa femme et jumeaux pour délire... ». Un roman d’un style merveilleux, enchanteur ; une fable moderne sur l’absurdité de notre monde, bourrée de poésie. Se lit avec passion.

Le Prix Alexandre Vialatte a été créé par le Groupe Centre-France, en 2011, dans le cadre de l’Année Vialatte. Il sera décerné, chaque année au printemps, à Paris. Il distingue un roman de langue française pour ses qualités d’écriture, sa liberté de ton, son indépendance d’esprit, voire son « caractère européen », tel que pouvait l’entendre Zweig.

Le Prix Alexandre Vialatte est doté par le Groupe Centre-France de 6.105 euros, soit la somme de la hauteur du Puy-de-Dôme (1.465 mètres) et de la longueur du Fleuve Congo (4.640 kilomètres).

4/01/2012

VIALATTE DANS UN JARDIN

Marianne SILBERFELD-BROUARD présentera Alexandre Vialatte, l'écrivain, l'œuvre et un livre de chroniques : l'Almanach des quatre saisons, à un public de jardiniers et jardinières, à l'Atelier de lecture du Jardin nomade, 48 rue Trousseau à Paris 11ème, dans le quartier du Faubourg St Antoine, le JEUDI 19 AVRIL, A 14H30. Cette présentation durera une heure. Ensuite, on boira du café et du thé sous les ombrages en poursuivant l’entretien...

3/22/2012

DECES DE JEAN-PIERRE CAILLARD

Nous apprenons avec une très grande tristesse le décès de Jean Pierre Caillard d’un arrêt cardiaque ce mercredi 21 mars au matin. La presse était sa passion et cet article du site de La Montagne JEAN PIERRE CAILLARD rend témoignage à toutes les facettes de l’humaniste passionné, au grand patron de presse qu’était Jean Pierre Caillard.

Il nous avait fait l’honneur et la joie de rejoindre Bernard de Fallois et Pierre Vialatte comme président du Comité d’Honneur de notre association.

Jean-Pierre Caillard avait personnellement tenu à marquer, en 2011, l’anniversaire des quarante ans de la disparition d’Alexandre Vialatte, en lui rendant hommage à travers la reprise, dans les journaux du groupe Centre France, de quelques unes parmi ses meilleures chroniques, éditées par La Montagne entre 1952 et 1971 et de les republier dans le livre « Vialatte à la Montagne », coédition Julliard/Centre France. L’année 2011 aura également été marquée par la décision de Jean-Pierre Caillard de faire renaître le prix Alexandre Vialatte, récompensant à chaque printemps, l’auteur d’un roman de langue française de parution récente, remarquable par ses qualités littéraires, son humour et son esprit européen. Toutes nos pensées et notre affection sont aujourd’hui pour Edith son épouse et Damien son fils.

3/06/2012

AUTOUR D'HENRI POURRAT


Cet événement aura lieu samedi 10 mars 2012, à partir de 14h30, à la librairie Nos Racines d'Auvergne, 5, place de la Victoire 63000 Clermont-Ferrand sous la forme d’une "rencontre" sur l'auteur Henri Pourrat.

Y participeront

Dany Hadjadj, universitaire , responsable de l'édition de la Correspondance Alexandre Vialatte -Henri Pourrat (1915-1959) , à l'occasion de la sortie du sixième volume : Les temps noirs I (1939-1942), aux Presses Universitaires Blaise Pascal,

et Annette Lauras , fille de l'écrivain , à propos du DVD Henri Pourrat De la terre à la terre , film de Jacques Mény et documents pédagogiques , réalisés à l'occasion du Cinquantenaire de la mort de l'auteur .

Cet événement est en partenariat avec la Société des Amis d'Henri Pourrat, le CRDP, les Presses Universitaires Blaise Pascal, et l'association ABV (Patrimoine Auvergne Bourbonnais Velay).

Bien évidemment, les membres des Amis de Vialatte sont conviés à l'événement.

2/25/2012

DERNIERES NOUVELLES DE L'HOMME en Livre-Audio par Denis WETTERWALD


Les chroniques d'Alexandre Vialatte, parues sous le titre "Dernières nouvelles de l'homme" sont lues par Denis WETTERWALD. Ce livre-audio MP3 est publié aux éditions
CDL Editions
Studio de la Croix des Landes
72650 La Bazoge

Téléphone : 02 43 25 43 76 (cdldupli@wanadoo.fr)

ATTENTION : ce CD est enregistré en MP3 (ce qui permet de disposer de 10 heures d'écoute sur un seul CD). Il impose un lecteur de CD disposant de la fonction MP3 ou d'un logiciel sur micro-ordinateur capable de lire du format MP3

Le livre-audio est vendu aussi chez les grands libraires et peut être commandé sur leur site internet.

“Vous connaissez Vialatte ? Vous aimez ? Ces questions n’en étaient pas ; elles n’en sont toujours pas ; elles font partie d’un mot de passe. Une réponse affirmative permet de classer l’interlocuteur. Si l’on aime Vialatte, c’est qu’on pratique une région de la littérature qui va de Morand à Giraudoux. Encore faut-il se méfier du diagnostic car on peut tomber sur un amateur de Vialatte qui déteste Morand et qui raffole d’Audiberti où, ce qui est le plus grave mais existe, sur un fervent de Kafka qui a intégré Vialatte à sa religion...

Alexandre Vialatte mourut le 3 mai 1971. Depuis lors, sous les meilleures plumes le même appel a été répété ; il faut publier ses chroniques. L’appel a été entendu, cet enregistrement le prouve. Il prouve, en paraissant, que notre civilisation subsiste et que contrairement aux sociétés manichéennes elle est toujours disposée à laisser autant de place aux écrivains mineurs qu’aux hercules de la littérature.” Denis Wetterwald

1/17/2012

CHRISTIAN DEDET évoque ALEXANDRE VIALATTE

L'écrivain Christian Dedet évoque ici avec amitié, Alexandre Vialatte au coeur de l'Auvergne.


Extrait de « HISTOIRE D’EAUX », de Christian Dedet (éditions du Rocher, 2006 )

« J’ai eu fort heureusement, pour m’aider à me forger une identité auvergnate, deux intercesseurs d’exception.

En premier lieu, mon confrère et insigne écrivain le Dr Roland Cailleux. Lorsque je m’installai à Châtel-Guyon, il en était, avec son épouse, médecin elle aussi, à sa vingt-neuvième saison. (….)

Alexandre Vialatte : mon autre guide spirituel sur la terre d’Auvergne.

C’est lorsque Misette Cailleux eut pris sa retraite qu’il devint mon patient à titre amical. N’exagérons pas le rôle. « Alex », depuis longtemps, gérait seul ses prises d’eaux ; avec la même minutie, le petit boîtier-pilules qu’il tenait de ses spécialistes parisiens.

Il descendait, chaque année, chez des amis de longue date, propriétaires du gour de Tazenat, ne se rendant à Châtel-Guyon qu’à l’heure où les lions vont boire. Gabardine ou blazer selon le temps, abrité des ondées ou du soleil par son inamovible chapeau de popeline.

Á cette époque, il aurait été heureux s’il avait pu penser qu’un jour le moindre de ses propos servirait de devise à la nation auvergnate ; qu’il serait cité aussi bien par les officiels dans leurs discours que par les chanoines en chaire ! Mais il n’était encore que l’inventeur français de Kafka – ce Tchèque capital ; l’accueil fait à ses délectables Fruits du Congo ne lui inspirait qu’un sourire résigné : « Je suis un méconnu notoire. »

Il y avait cependant la chronique de La Montagne que toute une région guettait. Dominique Perrin nous raconte comment « Alex », l’œil encore chaviré, en apportait le texte au chef de train, tous les dimanches soir, en gare d’Austerlitz, un coursier du journal venant cueillir les pages à l’aube, en gare de Clermont.

N’a-t-on pas dit que les sophistes grecs étaient déjà partisans de ces méthodes terre à terre ; méthodes auvergnates avant l’heure ? Gorgias à tout le moins, féru d’agriculture. Et Protagoras d’Abdère, dont Démocrite nous dit qu’il confortait sa philosophie par son art pour nouer les fagots.

Il me semble que, sur bien des points, la pensée de Vialatte justifie pareilles références. Sous les paradoxes du « discours démolisseur » (Protagoras ), sous les apparences de la polissonnerie dialectique, ses maîtres mots rappellent ceux de la pensée sophistique : « De toutes choses l’homme est la mesure : de celles qui sont, qu’elles sont ; et de celles qui ne sont pas, qu’elles ne sont pas. »

D’un flot de coupures jaunies, une chronique – entre cent – me tombe sous les yeux. Elle est intitulée Leptocéphales et veaux bretons. Il y est surtout développé la question subsidiaire : « Faut-il tuer l’homme ? Probablement. Mais ne pressons rien… » Et pourquoi ? « Pour sauver l’éléphant ». Mais n’apparaît-il pas, après dix lignes, que tout sujet sécrète deux argumentations opposées ? Evitons les erreurs. « Il ne faut donc pas tuer l’homme, mais tuer l’éléphant ». Sans trop ( éloge du quota !) « pour faire survivre l’éléphant ! »

Savoir-faire oratoire ? Jeu sur les équivoques ? Déploration masquée et néanmoins formelle des éclipses de l’absolu ? Vialatte parvenait à convaincre jusqu’aux malicieuses fermières du Cantal ! Il fut un génial pédagogue de la vie. Et qui eût contesté son souriant pessimisme quand il parvenait à cette certitude : « L’homme n’est que poussière, c’est dire l’importance du plumeau ! »